Partager l'article ! Le nettoyeur du ciel-Partie 1: Depuis la Grande Inondation, qui a tout dévasté sur son passage, les Terriens survivants sont devenus encore ...
Depuis la Grande Inondation, qui a tout dévasté sur son passage, les Terriens survivants sont devenus encore plus peureux, anxieux, n'acceptant plus le moindre changement climatique. Pour garder calmes les bons citoyens, les gouvernements ont créé un nouveau métier : les nettoyeurs du ciel. Invisibles, inconnus des Terriens, les nettoyeurs du ciel, anciens criminels que les puissants font chanter, doivent chaque jour prendre tous les risques pour faire croire aux habitants de la Belle Bleue que rien ne les menace.
Avant la Grande Inondation, quelques fous avaient pourtant prévenu, l'industrialisation, la pollution, le pétrole provoquaient, par le dégagement de CO2, des bouleversements climatiques profonds. Il fallait changer les modes de production, relocaliser la distribution des denrées, vivre plus respectueusement de la nature. Personne ne changea vraiment. Aucun gouvernement ne voulu renoncer au grand gaspillage. Puis, il y eu la Grande Inondation. Les eaux des mers et des océans montèrent, sous l'effet de la fonte des glaciers, les côtes des pays d'alors furent immergées, puis une tornade, fini par tout inonder. Mais, ceux qui restèrent, plutôt que de se poser les bonnes questions, voulurent autant de confort, davantage de sécurité. Ils exigèrent de leurs gouvernants de domestiquer le temps. Ils ne voulurent pas savoir comment, l'important était la Sécurité Climatique. Une comission internationale s'attribua cette prérogative, la CSC. C'est elle qui désigna les nettoyeurs du ciel, qui négocièrent leur liberté de circulation contre ce nouvel emploi.
Le matricule 456 devint nettoyeur du ciel tout de suite après la Grande Inondation, le 16 juin 2010. Il était prisonnier de Gyantanamo, pour terrorisme avéré contre les Etats-Unis. Il n'était pas musulman, ne faisait pas partie d'une minorité opprimée, c'était un Américain moyen, pêcheur sur la côte de Floride, qui avait vu la catastrophe de la plateforme pétrolière BP. Chaque jour, il voyait les nappes de pétrole arroser les côtes, tuer les crevettes, les poissons, les oiseaux. Sur un coup de tête, il avait dérapé gravement. Il s'était rendu à Washington, et avait poser une bombe artisanale dans une voiture garée près de la Maison Blanche, et bien sûr, s'était fait prendre.
Quand deux membres de la CSC étaient venus lui proposer un marché, il n'était enfermé que depuis 3 mois.
Mais déjà, il savait qu'il valait mieux accepter.