Partager l'article ! Histoire de Dijon: Préhistoire et Antiquité & ...
Préhistoire et Antiquité
Les premières traces d'habitat remonteraient au Néolithique (site des Lentillières). La vallée aurait en effet été investie
bien avant l'époque gallo-romaine. La confluence des routes, conjuguée à une vallée fertile, irriguée par la Suzon et l'Ouche permet le développement d'un petit village.
Une bourgade s'est d'abord développée avec la création, à la fin du Ier siècle, de la voie romaine dite d'Agrippa, qui reliait Chalon-sur-Saône à Langres. Au IIe siècle, cette agglomération prospérait déjà. Les vestiges retrouvés témoignent des activités commerciales et artisanales des habitants. Au IIIe siècle, sous la menace des grandes invasions barbares, une étroite enceinte fortifiée, munie de trente-trois tours, fut construite pour protéger un périmètre très réduit de l'agglomération. À cette époque, Dijon porte le nom de Divio. La présence de ce castrum demeure inexplicable puisque la Pax Romana assurait la sécurité des villes d'alors. Les fondations de ce mur de dix mètres de haut sont en partie constituées de stèles, de statues et autres objet témoignant de la présence d'une nécropole. Certaines stèles, en forme d'obélisque - ce qui est unique - livrent de précieux renseignements sur les patronymes et professions des habitants de l'époque. Quelques voies traversaient ce castrum, dont l'une au niveau de l'actuelle rue Berbisey. Ce castrum possédait trente-trois tours dont une, à l'état de ruines, reste visible au 15 de la rue Charrue, dans une petite cour. Un pan de la muraille est encore visible, rue de Tivoli. Ce nouveau castrum gallo-romain de onze hectares protégeait sans doute certains édifices publics. On retrouva également les traces d'une fortification sur l'actuel Mont Afrique.
Le castrum abritait ainsi des thermes, des commerces (commerce du vin, des objets religieux, de la farine notamment) et un temple. Le négoce du vin est déjà très vivace : les échoppes des détaillants sont alors bâties de manière uniques. Perché au premier étage, le vendeur présente des amphores de tailles différentes, puis le client amène sa jarre sous un entonnoir, et le détaillant l'approvisionne en quantité demandée. Les habitants de Divio n'étaient pas seulement commerçants mais aussi agriculteurs, bûcherons et, dès 50 de notre ère, viticulteurs puisque Divio n'importe plus de vin mais le fabrique elle-même. En atteste la découverte d'amphores fabriquées sur place et la découverte non loin de Dijon, à Selongey d'une salle de pressurage. Des pépins de raisins calcinés y ont été mis au jour.
Contrairement à Autun (Augustudinum), Dijon ne possède pas de théâtre. Divio est à cette
époque juridiquement inféodée à la ville de Langres. Un meunier produit de la farine grâce à une meule mue par des hommes l'eau étant utilisée pour remplir les fossés bordant les murailles. On a
retrouvé les traces de ce moulin au niveau de la rue des Bons-Enfants.
Un temple (le seul de la ville) fut mis au jour lors de la destruction, au début du XIXe siècle, de la Sainte-Chapelle qui jouxtait le Palais des Ducs (actuelle place Jean-Philippe Rameau). Les fondations ont été sauvegardées ; il semble qu'une église romane fut bâtie ainsi dessus dès l'époque chrétienne. Dans le castrum, on a découvert également des statues de divinités romaines, comme Mercure. Les archéologues pensent néanmoins que les dieux locaux étaient très respectés comme par exemple la déesse Séquana qui donna son nom à la Seine. Les eaux du fleuve étaient censées guérir les maux des yeux et rendre fertile.
Le nom Divio (ou Dibio parfois) renverrait, selon Gérard Traverdet, professeur de linguistique à l'Université de Bourgogne, à l'expression « la ville du Suzon », rivière locale qui signifie « la rivière claire » ou « la rivière sacrée » et qui serait en effet à la base étymologique du nom de la capitale bourguignonne [4]. Deux autres hypothèses expliquent ce nom : Divio pourrait ainsi renvoyer à « divin » car Dijon était une ville de divinités. L'autre conjecture est que le nom est en fait l'amalgame de deux mots latins: Di et Vio signifiant « deux voies », allusion à la voie romaine et à l'Ouche qui traversaient la ville.
Au début du Ve siècle, les évêques de Langres s'installent à Dijon. Ils font élever des lieux de culte, notamment le monastère Saint-Bénigne sur le tombeau de ce saint. Au VIe siècle, dans son Histoire des Francs, Grégoire de Tours décrit cette ville comme un castrum aux solides murailles, élevé au milieu de terres fertiles. Il précise :
« Dijon a quatre portes, situées vers les quatre points du monde. Toute cette bâtisse est ornée en totalité de trente-trois
tours ; les murs sont, jusqu'à la hauteur de vingt pieds, construits en pierres carrées, et ensuite en pierres plus petites. Ils ont en tout trente pieds de haut et quinze pieds d'épaisseur.
J'ignore pourquoi ce lieu n'a pas le nom de cité [civitas] : il a dans son territoire des sources abondantes ; du côté de l'occident sont des montagnes très fertiles, couvertes de
vignes, qui fournissent aux habitants un si noble Falerne qu'ils dédaignent le vin de Châlons. Les anciens disent que ce castrum fut bâti par l'empereur Aurélien. »
Peu après l'an mil, l'abbé Guillaume de Volpiano fait élever dans l'abbaye de Saint-Bénigne, une rotonde
abritant le tombeau de l'évangélisateur de la Bourgogne, qui suscite un pèlerinage important.
En 1015, le roi Robert Ier essaye de conquérir le Dijonnais : il s'attaque d'abort à Mirebeau-sur-Bèze et sa région puis vient mettre le siège devant le castrum de Dijon. Mais devant la vigoureuse résistance de l'évêque de Langres, Brunon de Roucy, soutenu par l'abbé de Cluny et le comte de la ville, il renonce à donner l'assaut. Dès l'année suivante, la mort de l'évêque lui permet de négocier avec son successeur, Lambert de Vignory, la cession du comté de Dijon. La ville rejoint le duché de Bourgogne et en devient la capitale. Dès 1017 le roi Robert vint à Dijon y affirmer ses droits et annoncer la nomination de son fils cadet Henri, âgé de 9 ans, à la dignité de duc de Bourgogne.
En 1026, le fils aîné du roi meurt et Henri devient l'héritier de la couronne royale. Roi à la mort de son père en 1031 il entre en lutte contre son frère Robert qu'il finit par vaincre. Il lui pardonne alors son insoumission et lui donne en apanage Dijon et le duché de Bourgogne (1034). L'arrivée du duc Robert Ier, dit le Vieux, installe durablement la famille des Capétiens à Dijon où elle va régner sans discontinuité pendant trois siècles.
En juin 1137, un grand incendie réduit Dijon en cendres. Les ducs reconstruisent alors une enceinte beaucoup plus large que la précédente, qui abritera la cité jusqu'au XVIIIe siècle. À la fin du XIIe siècle et au XIIIe siècle, Dijon s'orne de monuments de valeur : la Sainte-Chapelle, l'hôpital du Saint-Esprit, l'église Notre-Dame, etc.
Dijon connaît une période brillante sous les quatre ducs Valois de Bourgogne, qui règnent de 1363 à 1477. Elle est la capitale du duché de Bourgogne, ensemble d'États qui s'étendent jusqu'aux Pays-Bas. Le duc Philippe le Hardi fonde à Dijon sa nécropole dynastique, la chartreuse de Champmol, dont il fait un foyer d'art. Le duc Philippe le Bon reconstruit l'hôtel ducal et institue en 1432 la chapelle de son palais comme siège de l'ordre de la Toison d'or.
Le duc Charles le Téméraire ne vit pas à Dijon ; il échoue dans sa lutte contre le roi de France et meurt en 1477, laissant Louis XI annexer le duché. Le roi fait alors construire à Dijon un château, à l'emplacement de l'actuelle place Grangier, pour surveiller les habitants.
Après la réunion du duché à la couronne, Dijon reste la capitale de la Bourgogne et le siège des États de la province.En 1513, une ligue regroupant le pape, l'Angleterre, l'Autriche, l'Aragon , Florence et les confédérés suisses s'oppose à la France de Charles XII qui est sévérement battu à la bataille de Novarre. Maximilien, empereur d'Autriche, allié aux Suisses profite de cette défaite pour essayer de récuoérer le duché de Bourgogne. En septembre , une troupe formée de 14 000 hommes des corps francs suisses, 5 000 Allemands et 2 000 Francs-Comtois vient assiéger Dijon[5] et le gouverneur Louis II de La Trémoille ne peut les faire partir qu'en jouant habilement des dissentions entre Suisses et Allemands et en promettant aux assiègeants 400 000 écus dont seulement une partie sera payée. Les Suisses lèvent le siège le 15 septembre. Cette délivrance est attribuée par certains à l'intercession de Notre-Dame de Bon-Espoir, statue conservée à l'église Notre-Dame.
Le parlement de Bourgogne, transféré de Beaune à Dijon, fait de la cité une ville parlementaire, où la noblesse de robe édifie des hôtels particuliers. Après la Contre-Réforme, de nouvelles églises et chapelles de monastères sont construites. Un roi de France, peut-être Henri IV, aurait qualifié Dijon de « ville aux cent clochers ». La cité connaît une activité commerciale non négligeable liée notamment à l'exploitation viticole. Le XVIIIe siècle est une nouvelle période de prospérité pour Dijon, qui accueille en 1722 une faculté de droit. En 1731, le pape Clément XII répondit positivement aux requêtes séculaires des Dijonnais qui désiraient avoir leur propre évêque. La ville devient le siège d'un petit évêché coincé entre ceux de Langres, Autun et Besançon.
La Révolution fait passer Dijon du rang de capitale provinciale à celui de chef-lieu de département. Plusieurs monuments remarquables sont détruits : chartreuse de Champmol, rotonde de Saint-Bénigne ; d'autres sont endommagés, comme Saint-Bénigne et Notre-Dame, dont les portails sont martelés. La Sainte-Chapelle disparaît en 1802. La statue en bronze de Louis XIV qui ornait la place Royale, actuelle place de la Libération, est détruite en 1792. Le bronze sert à fabriquer de la monnaie ou des canons.
L'exploitation du charbon et du fer au Creusot, l'achèvement du canal de Bourgogne en 1833 rendent à Dijon une certaine importance économique. En 1851 est inaugurée la ligne de chemin de fer reliant Dijon à Paris, Lyon et Marseille. Dès lors, Dijon se développe rapidement : le quartier de la gare se peuple ; les faubourgs se construisent.
Le 30 octobre 1870, soldats et mobilisés tentent de défendre la ville contre les Prussiens. Sans artillerie, ils doivent se rendre à la fin de la journée. Le 26 novembre 1870, Garibaldi, à la tête de « l'armée des Vosges », ne peut reprendre Dijon et doit faire retraite. Mais, du 21 au 23 janvier 1871, ses troupes défendent la ville avec succès, et un drapeau poméranien est même pris le 23 janvier.
La place du 30 octobre et l'avenue du Drapeau rappellent ces faits d'armes. En 1899, la ville reçoit la Légion d'honneur pour sa résistance.
Après la guerre, la place de Dijon retrouve un rôle stratégique : des casernes et un arsenal sont édifiés. La ville se développe en rasant ses remparts, remplacés par de grands boulevards. Le château construit par Louis XI est détruit de 1891 à 1897. De nombreux équipements publics et privés sont réalisés : écoles, grands magasins, grands hôtels, lieux de culte...
La Première Guerre mondiale ne cause pas de dommage architectural à Dijon. La ville reprend son essor dans l'entre-deux-guerres, durant lequel des quartiers résidentiels se construisent.
Occupée en juin 1940 par l'armée allemande du IIIe Reich, Dijon est libérée par les troupes françaises le 11 septembre 1944 et sort de l'épreuve sans destruction autre que celle de la gare.
Le chanoine Kir, maire de Dijon de 1945 à 1968, dote la ville d'un lac artificiel inauguré en 1964. Sous son mandat se crée également un vaste campus universitaire à Montmuzard, sur près de cent hectares. Avec l'essor économique des Trente glorieuses, la surface urbanisée de l'agglomération double.